Mai 2026. Dans une chambre du centre de Lyon, un bassin en inox de sept mètres carrés affleure le parquet, à un pas du lit. Trois mois plus tôt, ce projet tenait en quelques lignes reçues par le formulaire de contact du site. Il est aujourd’hui la pièce maîtresse d’une love room dont l’eau reste chaude toute l’année.
Rhône
Un hébergeur indépendant nous a écrit via le formulaire de contact du site. Son projet tenait en une intention : faire de sa chambre un lieu qui associe le luxe et la détente, quelque chose que ses hôtes ne trouveraient pas ailleurs, et qui justifie à lui seul le déplacement.
Le bain était l’évidence. Restait la matière. L’acrylique impose ses formes et vieillit à sa manière, la maçonnerie carrelée demande une vigilance constante sur les joints. L’inox s’est imposé pour deux raisons très concrètes dans une activité de location : un entretien réduit, et une tenue dans le temps qui ne dépend pas de la fréquence des séjours. Une surface lisse, non poreuse, qui se nettoie d’un geste entre deux clients et qui aura le même aspect dans quinze ans.
La demande forte, formulée dès les premiers échanges, était le passage direct : sortir du lit et entrer dans l’eau, sans transition, sans marche, sans détour par une estrade. Nous avons donc écarté toute pose en volume au profit d’un encastrement complet, bassin à ras du sol fini, margelle de douze centimètres affleurant le parquet. Le châssis disparaît sous le plancher. Depuis la chambre, il ne reste qu’un plan d’eau posé dans le sol.
Le modèle retenu est notre bassin deux places, trois mètres sur deux mètres cinquante, un mètre de profondeur intérieure. Une emprise de sept mètres et demi au sol, soit près du double d’un lit king, dans une pièce de trente mètres carrés. Cette générosité n’est pas gratuite : elle permet le bain de repos double, un plan incliné nervuré prolongé d’une plage basse, où deux personnes s’allongent côte à côte, immergées jusqu’aux épaules, plutôt que de rester assises face à face. Le reste du bassin ménage un puits de pieds plat, à fond unique et horizontal.
Le bassin fonctionne en skimmer, avec un niveau d’eau sous la margelle. Pas de lame d’eau, pas de bruit de débordement : dans une chambre, le silence fait partie du confort.
Encastrer un bassin de cette taille à l’intérieur d’une pièce habitée est la partie délicate du projet. Elle se joue avant le premier coup de crayon, sur l’étude de faisabilité : capacité du plancher, réservation, accès, évacuation, place pour la technique. Nous menons cette étude nous-mêmes et nous prenons en charge le gros oeuvre associé, plutôt que de laisser le client arbitrer seul entre plusieurs corps de métier.
Ici, la configuration du bâtiment a tout rendu possible. La chambre surplombe un sous-sol : la réservation a pu être créée dans le plancher sans compromis, et le local technique s’est installé directement à l’aplomb, dans la pièce du dessous. Toute la machinerie vit hors de la chambre, hors de vue et hors d’oreille.
Le bassin a été fabriqué dans notre atelier de Dordogne en quatre éléments, dimensionnés pour franchir les portes et les circulations de la maison. Ils ont été assemblés et soudés sur place, en soudure TIG continue, puis les cordons ont été poncés et satinés à la main jusqu’à retrouver la finition brossée velours sur toute la surface. Une fois la pièce en eau, plus rien ne trahit qu’elle est arrivée en quatre morceaux.
L’équipement suit la même logique : chauffage, filtration et désinfection dans ce qui se fait de plus abouti aujourd’hui, dimensionnés pour maintenir l’eau à température en permanence et pour réduire au minimum l’intervention du propriétaire. Trois mois auront séparé la prise de contact de la mise en service.
Le bain est chaud en permanence. Les hôtes arrivent, posent leurs affaires, et entrent dans l’eau. C’est exactement ce que le projet cherchait : pas d’attente, pas de mise en route, aucun geste technique entre l’arrivée et le premier instant d’immersion.
Le bain de repos change la nature du moment. Nous ne nous asseyons pas dans ce bassin, nous nous y allongeons à deux, la tête posée, l’eau au niveau des épaules. La chambre entière s’organise autour de ce plan d’eau, et les retours des voyageurs le confirment séjour après séjour : c’est le bassin qui fait la réservation.
Côté exploitant, l’inox tient sa promesse. Un rinçage entre deux séjours, aucune reprise de joint, aucune surface qui se ternit. Une pièce qui travaille tous les week-ends de l’année sans demander d’attention particulière.